Hongrie

Hongrie : une politique nataliste contre le recours à l'immigration

Marie-Charlotte Noulens
5 min

Depuis son élection au poste de Premier ministre de la Hongrie, en 2010, Viktor Orban a fait de la natalité son cheval de bataille. En treize ans, son gouvernement a mis en place plus de 30 formes d'aides pour soutenir la famille.

Budapest
BudapestCHINE NOUVELLE/SIPA

Depuis son retour au pouvoir en 2010, Viktor Orban a multiplié les initiatives en faveur de la famille afin d'inciter les couples à donner naissance à plus d'enfants. Cette politique nataliste est un moyen de pallier le déclin démographique que connaît la Hongrie, sans avoir recours à l'immigration. La Hongrie a connu une chute vertigineuse de la démographie à la fin des années 70, au point de devenir un enjeu pour l’État. Entre 1975 et 2011, le taux de fécondité est  ainsi passé de 2,4 à 1,2 enfant par femme. Une étude de Camille Roy, analyste à l'Université de Sherbrooke au Canada, pointe les origines du problème : « Plusieurs facteurs l'expliquent, comme la baisse du taux de natalité, ainsi que le contexte sociopolitique. Cette décroissance s'inscrit dans un phénomène plus global alors que la Hongrie n'est pas le seul pays de l'Europe de l'Est à connaître une baisse de population. L'arrivée de la contraception et la libéralisation de l'avortement dans les années 1950 peuvent avoir mis un frein à la fécondité. »

Pour comprendre l'importance de la démographie dans le pays, il est nécessaire de souligner un facteur historique qui reste une cicatrice douloureuse pour les Hongrois : le traité du Trianon de 1920, qui a privé la Hongrie de deux tiers de son territoire, et de près de 60% de sa population. C'est ce qu'a pu constater en 2020 une délégation de la commission des Affaires européennes du Sénat sur les relations de la Hongrie avec l'Union Européenne : « Les échanges qu'a eus la délégation avec des responsables hongrois ont permis de prendre la mesure de ce passé traumatique. Plusieurs d'entre eux ont ainsi insisté sur la profonde méconnaissance, y compris en France, de l'histoire de l'Europe centrale. Ce traumatisme fait d'ailleurs l'objet d'un consensus dans le pays : 85% des Hongrois considèrent...

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