Économie

Quelle vie économique dans la bande de Gaza ?

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Beaucoup de choses auront été dites sur la bande de Gaza ces dernières semaines. Ce territoire enclavé régulièrement mis sous les feux de l’actualité reste toutefois relativement méconnu. Il en va également ainsi de son économie, dont on peine à comprendre comment elle fonctionne, compte tenu du blocus et des guerres qui sévissent depuis bientôt deux décennies.

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Photo prise le 7 juin 2011 à Gaza City. Depuis 2007, l'économie de la bande de Gaza est sinistrée.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Les rapports, pourtant, ne manquent pas, avec leurs lots de chiffres plus alarmants les uns que les autres. Plus de 60 % des habitants de Gaza sont dépendants d’une aide alimentaire et près de la moitié de la population active est au chômage, tandis que 78 % de l’eau courante y est impropre à la consommation humaine.

En 2012, un rapport de l’ONU nous alertait déjà en annonçant que Gaza deviendrait un lieu « invivable » à l’horizon de 2020, un pronostic sans cesse confirmé depuis. En 2023, la vie économique de 2,1 millions de Palestiniens dans ce territoire de 365 km2 est pourtant bien réelle – une vie de privations mais aussi de résistance.

Un tissu économique sinistré par le blocus et les guerres

Cité commerciale millénaire située à la porte de trois continents, Gaza s’est trouvée de plus en plus isolée et plusieurs fois coupée de ses routes économiques au cours du siècle passé. Territoire amputé de son arrière-pays palestinien au moment de la Nakba en 1948, puis occupé par Israël après 1967, la bande de Gaza est désormais soumise à un embargo presque total depuis 2007.

Cette année-là, le Hamas prenait le contrôle de la bande de Gaza par la force, tandis qu’il était évincé du gouvernement en Cisjordanie par le président Mahmoud Abbas. Des sanctions israéliennes et internationales imposées à l’Autorité palestinienne au lendemain de la victoire du parti aux élections législatives de 2006 avaient provoqué une crise politique sans précédent et un durcissement des dissensions inter-palestiniennes. Déclarant la bande de Gaza « territoire hostile », Israël renforçait encore les restrictions sur les mouvements de personnes et de marchandises à sa frontière.

Les trois premières années du blocus sont particulièrement sévères et infligent d’importants dégâts...

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