Dune

« Dune » : apologie ou critique de l’eugénisme ?

5 min

Publié en 1965, Dune de Frank Herbert est le premier livre d’un cycle considéré comme un monument de la science-fiction. Si le roman a marqué plusieurs générations de lecteurs, c’est pour l’originalité et la richesse de son univers, mais aussi pour ses réflexions philosophiques à propos, notamment, de l’intelligence artificielle (IA) et de l’eugénisme.

Dune
Paul Atréides et Feyd-Rautha Harkonnen sont deux produits du programme génétique millénaire des Bene Gesserit. Niko Tavernise/Warner Bros

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


D’abord boudé par une vingtaine d’éditeurs en raison de sa longueur, Dune est, dès sa parution, un immense succès de librairie, distingué par les prestigieux prix Nebula et prix Hugo. Il inspire une première adaptation cinématographique à David Lynch en 1984 ainsi que plusieurs jeux vidéo, et les récentes adaptations sur grand écran de Denis Villeneuve.

Prohibition de l’IA et amélioration de l’humain

Dune se passe plusieurs milliers d’années dans le futur, au sein d’un Imperium qui a prohibé toute forme d’IA. Suite à un conflit entre les humains et les machines, Herbert imagine une révolte contre ces dernières et l’émergence d’un interdit religieux :

« Tu ne feras point de machine à l’esprit de l’homme semblable. »

Avec pour conséquence de libérer les pleins potentiels de l’humain :

« La Grande Révolte nous a débarrassés de nos béquilles en obligeant l’esprit humain à se développer. On créa alors des écoles afin d’accroître les talents humains. » (« Dune », livre 1, 1965)

Ces écoles empruntent chacune une voie différente. La Guilde spatiale, par exemple, va former des navigateurs capables de piloter d’énormes vaisseaux de planète en planète. Mais l’école la plus importante du roman est sans conteste le Bene Gesserit. En apparence, elle se contente d’éduquer des concubines pour l’aristocratie et de produire des « diseuses de vérités », capable de discerner le mensonge. Mais, en réalité, elle influence dans l’ombre la politique de l’Imperium via la création de mythes religieux et cherche à produire, par un programme de croisement génétique, un surhomme doué de prescience, le Kwisatz Haderach.

Une mystique de la sélection génétique

Paul Atréides est le personnage héroïque central de Dune. Il est le fils de dame Jessica, une concubine du Bene Gesserit, et du duc Leto...

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