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Analyse

Affaire Nahel : « Le risque de nouvelles émeutes est toujours présent », selon un syndicaliste policier

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ANALYSE - Sept mois après l’affaire Nahel, Marc Hocquard, secrétaire national du syndicat UNSA Police, revient pour Factuel sur la gestion des refus d'obtempérer par les forces de l’ordre.

Emeute urbaine à Bordeaux le 29 juin 2023 après la mort de Nahel
Emeute urbaine à Bordeaux le 29 juin 2023 après la mort de NahelStephane Duprat/SIPA

FACTUEL. Des leçons ont-elles été tirées par les autorités, sept mois après l’affaire Nahel ?

Marc HOCQUARD. À ma connaissance, il n’y a pas eu de réunions en ce sens. Ce qui s’est passé est tragique mais malheureusement les refus d’obtempérer sont le quotidien de nombreux policiers. C'est un phénomène qui ne cesse de s'accroître, il y en a en moyenne un toutes les vingt minutes en France. Les leçons qu’on peut tirer c’est qu’une fois de plus les forces de l’ordre ont tenu bon malgré des événements particulièrement épuisants. Ça a commencé avec les gilets jaunes, puis la réforme des retraites, et enfin ces émeutes-là qui ont mobilisé l’ensemble des effectifs et qui ont été d’une intensité inédite. Ce qu'on tire comme bilan, c’est que les forces de l’ordre étaient là pour tenir bon et rétablir l’ordre public.

Dans le contexte sécuritaire actuel, nous ne pouvons pas dire lorsqu’une personne ne veut pas s’arrêter : « Tant pis, il n’avait pas le temps ». Les policiers vont d’abord faire en sorte d’intercepter le véhicule et arrêter l’individu.

Les policiers appréhendent-ils différemment les refus d’obtempérer ?

Dans l’appréhension du refus d’obtempérer, pas grand-chose n’a changé. Il est très compliqué de prédire ce qui va se passer, l'action de police est vraiment très courte. Nous essayons tant que faire se peut d’intercepter le véhicule en fonction de l’environnement, des circonstances. Nous ne connaissons pas les raisons pour lesquelles l’individu tente de se soustraire, ça peut être quelqu’un de très dangereux donc nous avons des précautions à prendre aussi. Je ne dis pas qu’il n’a pas traversé l’esprit de certains de mes collègues d’être sur la retenue, c’est même une évidence. Mais nous sommes avant tout professionnels et policiers. Dans le contexte sécuritaire actuel, nous ne pouvons pas dire lorsqu’une personne ne veut pas s’arrêter :...

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