Affaire Théo

Affaire Théo : comment les versions de la victime et des policiers ont évolué

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Le procès de « l’affaire Théo » s’ouvre mardi 9 janvier devant la cour d’assises de Seine-Saint-Denis. Sept ans après les faits, Factuel fait le point sur les contradictions de la victime et des policiers.

Palais de Justice
Palais de Justice de Nice (image d'illustration)SYSPEO/SIPA

Mardi 9 janvier s’ouvre le procès de « l’affaire Théo » devant la cour d’assises de Seine-Saint-Denis. Le 2 février 2017, Théodore Luhaka, âgé de 22 ans, avait été victime d’une interpellation violente dans le quartier de la Rose-des-Vents, à Aulnay-sous-Bois. Lors de son arrestation, le jeune homme avait reçu un coup de matraque téléscopique à l’origine d’une plaie longitudinale du canal anal de 10 centimètres et d’une section du muscle sphinctérien. Il présente depuis une « infirmité permanente », selon une expertise médicale.

Trois policiers sont renvoyés devant les assises à Bobigny jusqu’au 19 janvier pour « violences volontaires ». Le principal accusé devra également répondre de « violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente ». La qualification de viol n’a pas été retenue par la juge d’instruction, la pénétration sexuelle ainsi que son caractère volontaire n’ayant pas été établis. Un quatrième policier, mis en examen dans un premier temps, a finalement bénéficié d’un non-lieu, faute de charges suffisantes.

Les contradictions de Théo

L’instruction pointe les « déclarations évolutives voire contradictoires de la partie civile au fil du temps et selon les interlocuteurs ».

Entendu à l’hôpital le soir même des faits par les policiers d’Aulnay-sous-bois, Théo a indiqué être intervenu après avoir aperçu un ami en difficulté dans le cadre d’un contrôle effectué par les fonctionnaires de la BST (Brigade spécialisée de terrain). Il a d’abord affirmé avoir été « pris à partie par les policiers qui le frappaient jusqu’au moment où l’un d’eux lui baissait son pantalon, écartait son caleçon sur la fesse gauche et lui introduisait sa matraque entre les fesses, tandis que les autres policiers le maintenaient ».

Lors de son audition par la juge d’instruction le 3 mars 2017, celle-ci lui faisait toutefois remarquer que « le visionnage de la vidéo [...] contredisait ses déclarations selon lesquelles...

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