Justice

Dupond-Moretti : « Ce procès est une infamie mais un grand soulagement »

Frédéric Crotta
2 min

COMPTE-RENDU - Le garde des Sceaux est jugé pour « prises illégales d’intérêt ». C’est la première fois qu’un ministre en exercice comparaît devant  la Cour de Justice de la République.

Eric Dupond-Moretti
Eric Dupond-Moretti, le 6 novembre 2023.JEANNE ACCORSINI/SIPA

Il a la mine des mauvais jours. Costume noir et cravate noire, Eric Dupond-Moretti pénètre d’un pas lent dans la salle d’audience de la Cour d’appel de Paris. Escorté par ses trois avocats, tous cornaqués par l’avocate pénaliste Me Jacqueline Laffont, le ministre de la Justice va comparaître pendant une dizaine de jours devant la Cour de Justice de la République (CJR). Une première pour un ministre en exercice. Une bonne centaine de journalistes français et étrangers ont choisi de couvrir l’événement.

Pour la circonstance, députés et sénateurs ont revêtu la robe de magistrat. Élus par leurs collègues du Sénat et de l’Assemblée nationale, ils vont devoir juger le garde des Sceaux sous la houlette de six magistrats professionnels nommés par la Cour de cassation.

Eric Dupond-Moretti comparaît pour une double « prise illégale d’intérêts » dans une histoire à tiroirs où se mêlent les noms de politiques, de Nicolas Sarkozy à Jean Castex, mais aussi ceux des plus hauts gradés de la justice française. La plupart, comme Nicole Belloubet, précédente locataire de la place Vendôme, François Molins ou Eliane Houlette, ancienne patronne du Parquet financier, ont été cités comme témoins. Vingt-trois personnes au total seront entendues par le tribunal.

« On m’a déclaré la guerre »

« Ce procès est une infamie mais un grand soulagement. » D’une voix presque blanche, celui que l’on surnommait Acquitator lorsqu’il était avocat se présente à la barre, mal à l’aise, presque timide. « On m’a déclaré la guerre (…) Pendant trois ans et demi, on a piétiné la présomption d’innocence, prononcé des mensonges et même des injures. Je suis venu pour me défendre, dignement, complètement et fermement ».

Au premier jour de ce procès d’exception, une première passe d’armes oppose le procureur général Rémy Heitz à Me Jacqueline Laffont, avocate d’Eric Dupond-Moretti. Le plus haut magistrat français estime...

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