Politique

Patrick Calvar, du renseignement intérieur français au privé australo-britannique

Frédéric Crotta
6 min
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ENQUÊTE 1/3 - L’ancien patron de la DGSI a rejoint Apertus, une unité créée par CT Group, le géant australien et britannique de la communication stratégique et politique ainsi que du renseignement d’affaires.

Calvar
Patrick Calvar, alors dirigeant de la DCRI, avec Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur de l'époque, le 17 juin 2013.LCHAM/SIPA

Quand il était en fonction à la tête de la DGSI, « le Renseignement intérieur », il ne se privait pas de dire à ses subordonnés : « surtout, quand vous quitterez la police, n’allez pas vous amuser à faire du conseil pour le privé ». A peine sorti des tablettes du ministère de l’Intérieur pour cause de retraite, l’une des toutes premières décisions de Patrick Calvar aura été de monter une société… de conseil.

À l’instar de multiples sociétés du même type, C.Conseils s’ingénie à proposer des « prestations de conseil, de consultant, de formation et de recherche auprès de toutes entreprises privées ou publiques, des particuliers et tout organisme public ou parapublic ». Un an plus tard, les affaires semblent avoir bien fonctionné : l’ancien chef des renseignements intérieurs s’attribue un salaire mensuel de 7500 euros.

« Le Zébu » ? Un gros poisson

Pour ceux qui l’ont cotoyé, Calvar, fils de gendarme, est un pur produit de la DST, époque Raymond Nart. Son surnom, « le zébu », trouve son origine à Madagascar, où son père était en poste. C’est d’ailleurs là que ce grand flic est né il y a 68 ans.

Ses anciennes fonctions en font une personnalité recherchée par le monde de l’intelligence économique. D’autant qu’il fut un temps directeur du renseignement à la DGSE. Une fois lancé sur le marché, Patrick Calvar met son imposant carnet d’adresses au service de l’ADIT, sans doute la plus grosse entreprise européenne dans le domaine de l’intelligence économique. Mais les relations avec le « boss » Philippe Caduc vont se distendre quelque peu. En interne, on reproche à l’ex-puissant patron de la DGSI sa trop forte appétence pour les missions à l’étranger, et en particulier dans le monde anglo-saxon. Ce gros poisson sera ensuite « pêché » par une autre societé, Avisa Partners, un groupe français de conseil spécialisé dans l'e-réputation, la cybersécurité,...

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