Insécurité

Transports en commun : la crainte d’une explosion des violences à l’approche des JO

5 min

ANALYSE - Les vols, violences et agressions sexuelles dans les transports en commun sont en augmentation constante en France depuis plusieurs années. Sans surprise, la région parisienne concentre l’essentiel des délits constatés. Décryptage des nouveaux enjeux de sécurité avec Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alternative police.

Policiers dans le métro parisien
Policiers dans le métro parisienLOUAI-BARAKAT/SIPA

FACTUEL. Dans un rapport publié en septembre dernier, le service statistique de l’Intérieur (SSMSI) a enregistré 124.570 victimes de vols et de violences pour 2022 dans les différents transports publics du pays. Cela représente une hausse de 2% par rapport à l’année 2021 et une augmentation tendancielle depuis plusieurs années. Comment expliquer un tel niveau de violence ?

Denis JACOB. On peut l’expliquer par différents facteurs. En ce qui concerne les violences sexuelles (en hausse de 13% sur la France entière et de 19% en Île-de-France, NDLR), le contexte de libération de la parole explique en partie cette augmentation. Cela ne veut pas forcément dire qu’il y avait moins de violences sexuelles avant, cela veut dire que les femmes victimes de telles infractions se sentent davantage soutenues et moins pointées du doigt. On a désormais une nouvelle approche de la prise en charge des victimes. Leur parole est davantage prise en considération.

On ne traite pas une victime d’agression sexuelle comme on traite une victime de vol de sac à main. 

Pour vous donner un exemple concret, dans les écoles de police, il y a une formation accentuée des agents pour la prise en charge spécifique des victimes d’agressions sexuelles. Je dirais qu’il y a une révolution culturelle et un changement de doctrine sur le traitement des agressions sexuelles. Cela peut expliquer, entre autres, cette augmentation statistique. Du côté de la police nationale, il y a eu depuis quelques années une prise de conscience de la nécessité d’accueillir spécifiquement ces victimes. On ne traite pas une victime d’agression sexuelle comme on traite une victime de vol de sac à main. Cette prise de conscience se généralise dans tous les organismes publics, donc à la SNCF et à la RATP pour ce qui est des transports en commun. Nous disposons désormais des...

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