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Dans les hôpitaux, le mal-être des soignants face à l’accélération du rythme de travail

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Depuis l’an 2000, en France, environ 80.000 lits d’hospitalisation complète ont été fermés, représentant un quart de la capacité d’accueil des hôpitaux. Cette évolution vise à favoriser une hospitalisation plus brève, connue sous le nom d’« ambulatoire » où les patients entrent le matin à l’hôpital, reçoivent leurs soins, et repartent dans la journée.

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Une infirmière pousse du matériel dans un couloir du service des urgences de l'hôpital Émile Muller à Mulhouse, le 16 janvier 2023. Sébastien Bozon/AFP

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


Cette tendance à accélérer la prise en charge s’inscrit dans une logique d’amélioration de l’efficience et de la rentabilité des hôpitaux, en lien avec les réformes inspirées du nouveau management public (NMP), un modèle de gestion qui vise à importer des pratiques du secteur privé dans les organisations publiques. Le NMP permettrait de rendre plus performants les hôpitaux publics, en s’appuyant sur des principes tels que l’optimisation des ressources, le renforcement de la compétitivité face aux structures privées, et l’amélioration de la capacité de rendement. L’application de ce nouveau modèle de gestion a des répercussions sur le terrain, comme nous avons pu le constater lors de l’enquête que nous avons réalisée, fondée sur des entretiens avec divers professionnels de santé ainsi que des observations menés entre 2017 et 2020.

Des mesures pour réduire les dépenses

Les réformes, notamment la transition d’un budget global à une tarification à l’activité (T2A) en 2004-2005, ont redéfini les incitations financières dans le système hospitalier. Ce changement a instauré une relation entre le volume d’activité réalisé et le financement des établissements, encourageant ainsi une augmentation du nombre de patients pris en charge pour obtenir des fonds liés à l’activité.

Parallèlement, l’émergence des pôles d’activités médico-économiques, initiée par l’ordonnance du 2 mai 2005 et confirmée en 2009 par une loi portant réforme de l’hôpital, a ajouté une dimension nouvelle.

Les pôles placent les médecins, en tant que chefs de pôles, au cœur des pratiques budgétaires. Ils jouent un rôle déterminant dans l’établissement et la réalisation des objectifs financiers des hôpitaux. La performance est devenue la pierre angulaire de ces changements, répondant à l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM).

Une des conséquences de ces réformes est...

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