Justice

Financement libyen : les juges d’instruction n’ont pas retrouvé l'argent

La rédaction
8 min

INFO FACTUEL - Nicolas Sarkozy, accusé d’être destinataire de quelques 50 millions d’euros pour financer sa campagne présidentielle en 2007, est renvoyé avec trois de ses anciens ministres devant le tribunal correctionnel.

sarkozy Kadhafi
Nicolas Sarkozy accueille Mouammar Kadhafi au palais de l'Élysée, en décembre 2007.Francois Mori/AP/SIPA

C’est une affaire qui a démarré en fanfare, avec la publication par Mediapart, le 12 mars 2012, en pleine campagne électorale, d’un document libyen faisant état d’une sortie d’argent de 50 millions d’euros au profit du président Nicolas Sarkozy. 12 ans plus tard, celle-ci lui vaut, avec trois de ses anciens ministres, d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel, comme viennent de le décider les juges d’instruction Aude Buresi et Virginie Tilmont, dans leur ordonnance du 24 août 2023.

L’ex-président de la République sera jugé en 2025 pour « corruption passive », « association de malfaiteurs », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de détournements de fonds publics » libyens. Pour autant, l’enquête n’a pas permis de retrouver cette somme colossale, et cela fait désormais partie intégrante de la stratégie de défense de l’ancien chef de l’État.

« Pourquoi n’avez-vous trouvé aucun élément ? »

Dans leur document judiciaire, consulté par Factuel, les deux juges rappellent qu’elles avaient été apostrophées par Nicolas Sarkozy en ces termes: « Comment se fait-il que si le financement de ma campagne par la Libye avait existé de façon si massive, on parle de plusieurs dizaines de millions, et de façon si évidente, pourquoi n'y en a-t-il aucune preuve ? Pas même un début de commencement de preuve ? C'est la question centrale de ce dossier. Après 8 ans d'enquête ! (12 ans depuis 2011, NDLR) Si c'était aussi évident, aussi important, pourquoi n'avez-vous trouvé aucun élément me concernant ? Vous avez trouvé des éléments sur la villa (d’Alexandre Djouhri, NDLR), sur les virements de Ziad Takieddine, mais vous n'avez rien trouvé sur moi. D'ailleurs, la fable du liquide n'est arrivée qu'en 2016 » .

La réponse des magistrates est éclairante : « En matière de corruption, il n’existe pas de preuve absolue. Et même en flagrant délit de pacte de corruption résultant d’une captation de conversations,...

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