Seconde Guerre mondiale

Sur la piste des 86, mémoires d’un crime nazi (4/5) : « L’affaire des restes découverts à Strasbourg »

8 min

Épisode précédent : Au début des années 2000, l’historien et journaliste allemand Hans-Joachim Lang dévoile l’identité nominative des 86 victimes du Professeur Hirt. Il se met en quête des descendants des victimes. Sa découverte, qui couronne des années de recherches, semble ouvrir une nouvelle étape dans la mise en mémoire – jusqu’alors complexe – de ce crime. Mais c’est une autre découverte, très polémique, qui va véritablement induire un bouleversement dans le rapport local à ce passé.

Sur la piste des 86, mémoires d’un crime nazi

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


Épisode 4 : « L’affaire des restes découverts à Strasbourg »

En janvier 2015, un ouvrage paraît chez Stock, intitulé Hippocrate aux enfers. Les médecins des camps de la mort. L’auteur n’est pas un historien mais un médecin très médiatique, Michel Cymes, animateur de télévision et de radio depuis les années 1990 et personnellement concerné par le passé sur lequel il se penche, ses deux grands-pères étant morts en déportation à Auschwitz.

Dans cet ouvrage, le médecin se fait « passeur de connaissances », pour tenter d’élucider une question « naïve » et lancinante :

« Comment peut-on vouloir épouser un métier dont le but ultime est de sauver des vies et donner la mort à ceux que l’on ne considère plus comme des êtres humains ? »

D’un chapitre à l’autre, il fait le récit des expérimentations médicales glaçantes pratiquées par des médecins nazis dans plusieurs camps de concentration. Il s’arrête notamment sur les crimes perpétrés par August Hirt à Strasbourg.

Sur la base de témoignages d’anciens étudiants en médecine, il déclare qu’il pourrait subsister des restes humains appartenant aux victimes juives du professeur Hirt dans les collections universitaires de la ville :

« Il resterait donc des coupes de morceaux de corps, d’organes de ces malheureux qu’Hirt voulait exposer dans un musée des “races disparues” ! Comment est-ce possible ? Pourquoi personne n’a-t-il cherché à remettre ces restes aux familles ? Pourquoi n’ont-ils pas été enterrés lors d’une cérémonie officielle, près d’une stèle pour rappeler ce qui s’est passé ? »

Un scandale médiatique

Portée par une personnalité publique, cette accusation est relayée dans la presse et déclenche un tollé. Quinze jours après la parution du livre, l’Université de Strasbourg réagit dans un communiqué de presse, déplorant le « manque de rigueur » de l’ouvrage, qui repose...

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