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Sylvie Retailleau : « L'université doit rester un lieu de libre expression »

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La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a été entendue par les sénateurs dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur les agressions contre les enseignants.

Sylvie Retailleau
La ministre de l'Enseignement supérieur, Sylvie RetailleauSYSPEO/SIPA

Une semaine après le ministre de l’Education nationale Pap Ndiaye, c’était au tour de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Sylvie Retailleau, d’être auditionnée par les sénateurs à l’occasion de la commission d’enquête parlementaire sur les agressions contre les enseignants. À la différence de son collègue de la rue de Grenelle, la ministre de l’Enseignement supérieur n’a pas de pouvoir hiérarchique sur les directeurs de ses établissements de tutelle. « Les universités sont autonomes », prend-elle soin de rappeler en ouverture de son audition.

En découle une certaine difficulté à quantifier les atteintes et les agressions portées contre le personnel de l’enseignement supérieur. « Les directeurs d’université ne sont pas tenus de faire de "reporting" auprès du ministère, précise Sylvie Retailleau devant les sénateurs. C’est pourquoi je ne dispose pas d’un certain nombre de données, comme le nombre d’actes de violence commis à l’encontre des enseignants-chercheurs et des personnels de l’enseignement supérieur. »

86% des atteintes sont portées par des agents de l’enseignement supérieur eux-mêmes

Depuis deux ans, toutefois, la direction des affaires juridiques de son ministère réalise une enquête annuelle sur la protection fonctionnelle auprès des établissements de l’enseignement supérieur. Pour l’année 2022, 143 établissements publics d’enseignement et 27 Centres Régionaux des Œuvres Universitaires et Scolaires (CROUS) ont été interrogés, ainsi que 12 établissements de recherche. « Environ 80% » des demandes de protection fonctionnelle – ce mécanisme destiné à protéger les agents publics dans l’exercice de leur fonction – font suite à des « atteintes volontaires sur l’intégrité des agents » de l’enseignement supérieur, avance la ministre.

Dans 67% des cas, ces demandes concernent des atteintes morales. Dans 7%, des atteintes physiques. « Les enseignants-chercheurs font l’objet de pressions, de menaces et d’autres formes d’attaques et de dénigrements, notamment sur les réseaux sociaux. [...] Les sujets relevant des sciences humaines et sociales, comme...

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