Justice

Dupond-Moretti face à la CJR : « Quoi que je dise, la messe est dite »

Frédéric Crotta
4 min

COMPTE-RENDU – Même s’il semble considérer que l’issue du procès est déjà connue, le ministre de la Justice se bat. Pendant quatre heures, mardi 7 novembre au matin, le garde des Sceaux n’a ménagé ni ses efforts ni son franc-parler.

Dupond-Moretti
Eric Dupond-Moretti devant la Cour de Justice de la République.JEANNE ACCORSINI/SIPA

Quatre heures de questions-réponses presque ininterrompues. Une petite pause de 10 minutes à la demande de ce singulier prévenu et puis c’est reparti. On a longtemps reproché à Éric Dupond-Moretti son silence, l’absence de commentaires depuis sa mise en examen. Le garde des Sceaux, ancienne star du barreau jugé devant la Cour de Justice de la République (CJR) pour « prises illégales d’intérêt », a pu enfin se soulager et dire « sa » vérité sur cette affaire.


« Pourquoi avez-vous refusé de répondre aux questions pendant l’instruction ? », s'enquiert Philippe Lagauche, le 2e avocat général. « Eh bien, je vais vous raconter la perquisition », répond Éric Dupond-Moretti pour se justifier d’un mauvais traitement.


« Une perquisition-spectacle », estime l’ancien pénaliste, actuel ministre de la Justice, qui prend un malin plaisir à la raconter. « Je l’ai apprise par Le Canard Enchaîné. [...] Ce jour-là, je n’ai pas de déplacement, pas de rendez-vous, je suis tranquille au bureau, pour toute la journée. Je n’ai pas de cravate, je suis en jean. Neuf heures, on frappe : "perquisition". Entrent une vingtaine de gendarmes armés. Il y avait aussi deux journalistes. Ce n’est pas moi qui les ai prévenus ». Et de narrer comment une tronçonneuse a eu raison d’un coffre-fort... dont le ministre assure ignorer l’existence. Ce dernier va se révéler totalement vide. « Je ne sais pas ce qu’ils espéraient retrouver : une lettre de Nicolas Sarkozy me remerciant ? », ironise-t-il. Le ministre jubile : « Ils n’ont même pas ouvert les tiroirs de mon bureau. »


Un règlement de comptes ?


Un peu plus tôt, Éric Dupond-Moretti a tenté d’expliquer au tribunal à quel point son arrivée au ministère l’a chamboulé. « D’abord, il faut que je déménage. Cela paraît tout bête et tout simple. Il fallait que je m’achète des cravates, j’en porte peu. Je découvre les lieux : ils m’écrasent. [...] comment vais-je faire ?  Je...

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