Éducation nationale

Menaces contre les établissements scolaires : « Les professeurs ont un sentiment de ras-le-bol »

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ANALYSE - À la suite de notre article sur les témoignages d’enseignants et personnels de direction d'établissements de Seine-et-Marne visés par des menaces d’attentat, Factuel s’est entretenu avec Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC). Il revient sur l’angoisse qui monte au sein de l’Éducation nationale.

Lycée de Montpellier
Lycée de Montpellier le 4 mars 2024

Factuel. Les cyberattaques se multiplient contre les services de l’Éducation Nationale. Comment réagir face à ces menaces comme celles qui ont visé une dizaine d’établissements dans le département de Seine-et-Marne ?

Jean-Rémi GIRARD. C’est une situation complexe puisque le contenu des messages est très sensible et peut heurter les élèves, surtout que certains ont pu découvrir une vidéo de décapitation. Il y a dès lors très certainement eu l’ouverture d’une enquête pour menaces terroristes aussi il faut être prudent pour ne pas gêner les investigations menées par les services antiterroristes. C’est pour cela que, dans ces circonstances, le rectorat de l’Académie a pu en effet donner comme consigne d’être vigilant dans la communication autour de l’affaire lorsque l’incident a éclaté pour ne pas nuire au déroulé de l’enquête.

Dans ce climat tendu, comment parvient-on à rassurer les enseignants, les élèves et leurs familles ?

Il est tout à fait normal que la première réaction lors de la lecture d’un tel message soit la stupeur et l’angoisse. On constate dans un second temps qu’il s’agit d’une faille de grande ampleur qui ne cible pas directement un seul établissement. Toutefois, il était primordial que les forces de l’ordre puissent vérifier les menaces.

Certains collègues confessent même ne pas envisager de finir leur carrière dans l’Éducation nationale et ont l’impression d’être des pompiers ou des personnels de services sociaux.

Selon les circonstances, il est envisageable d’ouvrir une cellule psychologique, même s’il n’est pas toujours simple de les mettre en place sur plusieurs établissements car nous n’avons pas toujours forcément les ressources humaines. Il n’y a par exemple pas assez de psychologues qui peuvent officier rapidement dans les établissements visés. Il peut cependant y avoir un accompagnement local pour les élèves : les équipes pédagogiques comprennent tout à fait qu’un de leurs élèves puisse être anxieux à...

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