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Affaire Wildenstein : le procès des « impressionnistes de la finance »

12 min

RÉCIT 5/5 - À la mort de son époux, Sylvia Wildenstein s’estime lésée. S’engage alors, entre la veuve et ses beaux-fils, une bataille judiciaire qui mettra au jour « la fraude fiscale la plus sophistiquée et la plus longue de la Ve République ».

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Sylvia Wildenstein, en séance de photographie, à Paris, en 2010.ERIC DESSONS/JDD/SIPA

Franc-tireur du barreau de Paris, l’avocate Claude Dumont-Beghi a la réputation d’avoir une pugnacité féroce et de malmener la déontologie. L’un des ses confrères résume ainsi : « Un teckel accroché à une paire de couilles (sic) ». Son coup d’éclat de l’été 2000 n’est pas passé inaperçu au Palais de Justice : avocate d’Air Gabon, elle n’a pas hésité à faire saisir le Boeing 747 de la compagnie prêt à décoller pour Libreville, le clouant au sol jusqu’à ce que son client, l’ancien président Omar Bongo lui-même, lui ait payé ses honoraires.

Sylvia Wildenstein la rencontre deux ans après la mort de son époux, en 2003, dans le hall de son immeuble, où est installé son cabinet. Très rapidement, elle démontre à Sylvia l’étendue de la spoliation dont elle a été victime, et la convainc d’engager des procédures judiciaires. Son premier combat conjoint avec Sylvia est une victoire surprise. Le 14 avril 2005, le juge de la cour d’appel reconnaît que Sylvia a été manipulée, annulant le renoncement à la succession, mais il demande, en plus, des précisions sur le droit matrimonial. Marié sans contrat à New York, le couple pensait l’être en séparation de biens, il l’est en réalité sous le régime de la communauté, leur pays de résidence étant, de fait, la France.

« L’évasion du patrimoine dans des trusts est conforme à la tradition familiale »

Les deux beaux-fils sont sonnés. La fortune que les Wildenstein se transmettent de père en fils depuis Nathan, leur arrière-grand-père, menace d’être dispersée. Le « détail » notarial soulevé par le juge est imparable. La Cour de cassation confirme Sylvia Wildenstein dans ses droits. À ce titre, elle reçoit une provision de 15 millions d’euros. La somme lui permet tout juste d’éponger ses dettes. En refaisant le calcul, les experts nommés par la cour concluent que...

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